Le stagiaire syrien Imad en mission en Ouganda

Le microfinancement lui tient à cœur

Travailler ! Il veut travailler. Après avoir suivi avec succès le « European Microfinance Programme » en 2017, Imad Alsheikh Haidar est impatient de se mettre au travail avec ses nombreux talents. Et de préférence dans le secteur qui lui tient à cœur : le microfinancement. Car c’est dans ce domaine qu’il travaillait en juillet 2013 quand il fut forcé de quitter la Syrie. Il a fui la violence d’une guerre qui a coûté la vie à ses amis et des membres de sa famille, et il est arrivé en Belgique. Et ainsi chez BRS. 

 

En route pour une nouvelle vie

Imad « L’institut de microfinance (IMF) pour lequel je travaillais à Damas s’appelait “The First Microfinance Institution”. Une toute nouvelle expérience, pas seulement pour moi, mais aussi pour la Syrie. Le nom de l’institut le dit bien. J’ai travaillé là avec beaucoup d’enthousiasme pendant trois ans et demi, mais la guerre a tout chamboulé. Les clients mourraient ou disparaissaient soudainement. J’ai perdu des amis et des membres de ma famille. Je ne voulais plus vivre comme cela. 

Après un long voyage difficile, je suis arrivé à Gand. J’ai directement commencé à apprendre le néerlandais. J’ai travaillé pendant un an et demi dans une usine, mais j’ai vite su que ce n’était pas fait pour moi. À la recherche de façons d’améliorer ma situation, j’ai découvert le “European Microfinance Programme”, une formation de master à la Solvay Brussels School, dans laquelle BRS est également étroitement impliquée. Je me suis inscrit immédiatement. 

Épargner, depuis tout petit

Imad : C’est chez BRS que j’ai effectué le stage obligatoire à réaliser dans le cadre de cette formation. Et, via BRS, j’ai travaillé pendant trois mois en Ouganda, pour l’institut de microfinance local Hofokam. En vue du lancement de produits d’épargne, j’ai interrogé leurs clients sur leurs besoins et leurs attentes. 

Je m’intéresse énormément aux produits d’épargne. Il est très important d’épargner, surtout dans les pays où les gens ont peu de moyens. En Syrie, je m’occupais de comptes d’épargne pour enfants, car je suis convaincu que c’est utile d’apprendre aux enfants à épargner depuis tout petits. 

Nouveaux amis

Imad : BRS m’a particulièrement bien soutenu pendant mon stage, tant au niveau pratique qu’au niveau du contenu. Et cette formation de master m’a appris beaucoup. Avec plus de 400 clients, j’avais déjà acquis une certaine expérience en Syrie, mais j’ai ici pu approfondir et élargir mes connaissances. J’ai étudié plusieurs aspects du microfinancement et des expériences d’instituts de microfinance dans le monde entier. Et je me suis aussi fait de nombreux nouveaux amis, en Afrique et en Amérique latine. 

Donnez-moi du travail, du travail, du travail

Imad : Maintenant que j’ai terminé mes études de master en microfinancement s’annonce la nouvelle étape : trouver un emploi. Je veux commencer le plus rapidement possible. De préférence dans le secteur du microfinancement, car cela me passionne vraiment ! Ce sentiment est plus fort que l’amour, je vous assure. Le microfinancement est terriblement important !

En Syrie, ce secteur suscite encore beaucoup de discussions. “Est-ce que cela a vraiment un effet ?”, me demandaient les gens. Et oui, ma petite expérience m’a appris que pour certaines personnes, le microfinancement apporte réellement un changement. Lorsque des personnes vivant dans la pauvreté ont accès à un service financier, elles peuvent épargner, souscrire des assurances, se lancer dans la vie. La principale mission du microfinancement est l’inclusion, à savoir veiller à ce que tout le monde ait sa chance sur le plan financier. Et c’est la raison pour laquelle le microfinancement me tient tant à cœur : parce qu’il donne vraiment une chance aux gens. »