Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud
24 mai 2019

Quand entreprendre n’est pas un choix

Hawa Tenkiano (21 ans) originaire de Guinée (Conakry) se réjouit de la demande croissante pour ses gâteaux d'anniversaire. Nous la rencontrons au centre d’impression de Mamadou, un autre jeune entrepreneur. Cela fait 1 an et demi qu’il s’est lancé, grâce à un prêt de son oncle. Les principaux investissements sont une imprimante d'occasion et un générateur, car dans la petite ville de Dabola, l'électricité n'est disponible que quelques heures par jour. Son commerce est ouvert de 8 h 30 à 22 h. Dans son livre comptable, je lis que Mamadou a vendu 12 copies hier. Un revenu de 12 x 1000 GNF, soit environ 1,66 euro. Cela saute aux yeux : ce n’est pas une sinécure d’entreprendre en Guinée. Ce pays se trouve tout en bas de la liste des pays les plus pauvres au monde (à la 183e place - sur 188 - de l'indice de développement humain). Fin 2013, l’épidémie Ebola a encore fait reculer le pays. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux habitants partent à l’étranger, et que de nombreux jeunes ne voient pas d’avenir dans leur propre pays.

Mais Hawa et Mamadou sont convaincus que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Ils entreprennent par nécessité et non par choix. C’est avec un grand sens du réalisme qu’ils collaborent avec les membres du mouvement de jeunesse « Jeunes Solidaires », Hawa est d'ailleurs présidente du « Club des jeunes filles leaders de Dabola ».

Ce n’est pas un hasard si nous avons rendu visite à ces deux entrepreneurs. Depuis plus de 20 ans, l'ONG Trias travaille en Guinée sur le thème de l'entrepreneuriat et se concentre sur les femmes et les jeunes. Nous sommes en voyage d’étude en Guinée en compagnie d’autres organisations belges partenaires de Trias (Boerenbond, Unizo et Kampani). Cette année, la collaboration avec « Jeunes Solidaires » est au cœur du programme de Youca (Youth for Change and Action). Fin 2019, Hawa et Mamadou partageront leur histoire en Belgique.

Pour obtenir de plus amples informations sur l’engagement de Youca et Trias envers les jeunes guinéens. (en néerlandais)

BRS considère évidemment ce voyage d’étude du point de vue du microfinancement. Ces jeunes nous expliquent qu'ils n'ont pas trouvé de solution à leur financement auprès des institutions de microfinance en Guinée. Ils doivent surtout compter sur des amis et la famille. Mais avec Trias, nous savons comment trouver une solution. Les contacts avec d’autres institutions du pays ont été très prometteurs. Affaire à suivre donc.